Vélo-rues et tourne à droite aux feux rouges pour les cyclistes ?
Les cyclistes pourront-ils un jour franchir les feux rouges de certains carrefours lorsqu'ils veulent tourner à droite ? Faut-il créer des "vélo-rues" dans nos agglomérations ? Ces questions ont fait la une de l'actualité il y a quelque temps lorsqu'elle ont été débattues au sein de la Commission de l'Infrastructure de la Chambre. Voici l'avis de l'IBSR sur ces deux questions...
1/ Faut-il autoriser les cyclistes qui tournent à droite à franchir les feux rouges ?
Précisons d'abord qu'il n’est pas donné aux cyclistes un laissez-passer général pour franchir les feux rouges. Il s'agit simplement de les laisser passer au rouge dans certains carrefours signalés comme tels à l'aide de panneaux additionnels spéciaux à créer. Il reviendrait au gestionnaire de voirie de désigner les carrefours concernés au cas par cas, en tenant compte de leurs spécificités et des fonctions des routes (catégorisation des rues).
Possibilités de conflits ?
Selon nous, autoriser les cyclistes à continuer tout droit pendant la phase rouge ou orange ne se justifie pas. D’une part, des possibilités de conflits sont créées avec les différents flux de circulation; d’autre part, les conducteurs qui passent au vert ne s’attendent vraiment pas à une circulation transversale. Selon l’article 61.3.2, un feu vert doit d’ailleurs aller de pair avec un feu rouge ou jaune-orange pour la circulation transversale.
À l'étranger
Donner aux cyclistes l’autorisation de tourner à droite pendant la phase rouge ou orange existe dans plusieurs pays européens. Lorsque le cycliste tourne à droite au feu rouge, il n’y a qu’une seule possibilité de conflit supplémentaire, à savoir avec les usagers venant de gauche qui sont passés au vert. Cette possibilité de conflit supplémentaire peut en principe être correctement évaluée par le cycliste, de sorte que l’on peut considérer que le risque d’accident reste très limité.
En Belgique
Donner l’autorisation de franchir un feu rouge ne fait cependant pas partie des comportements traditionnels dans la circulation en Belgique, où l’on considère le feu rouge comme une obligation absolue de s’arrêter et d’attendre. Nous pouvons donc supposer qu’une telle mesure choquera bon nombre d’usagers ("les cyclistes peuvent tout faire", "plus besoin de respecter le feu rouge dorénavant"…). Si de nombreux cyclistes se déclareront en faveur de cette mesure, beaucoup d’autres usagers n’y adhéreront pas.
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